Le magazine qui valorise la femme gabonaise dans toute sa modernité.

Logo
Menu
© 2026 Les échos d'elle
Pub BGFI

La couleur de l'intime

La couleur de l'intime

Octobre rose. Fuchsia, pâle ou vermillon, un camaïeu qui dit, à lui seul, la diversité des expériences du corps.

Chez Les Echos d'Elle, nous nous méfions des vigilances de saison. Se faire dépister ne saurait être un acte de bravoure que l'on s'autorise le temps d'un mois consacré. C'est un geste que nous voulons aussi naturel que discret, loin du faste des rubans que l'on arbore avec entrain, une discipline de vie qui opère sans jamais se faire remarquer.

Le dépistage n'est pas un rendez-vous avec l'effroi. C'est une conversation lucide avec soi-même. Nulle femme, certes, ne se rend à la mammographie comme elle irait à la manucure du dimanche soir. Admettons simplement que la vigilance trace le chemin de l'anticipation, et que l'anticipation demeure la plus sage des précautions. Une femme avertie n'épie pas son corps, elle l'écoute, avec sérénité.

Si, malgré tout, survient le diagnostic, souvenons-nous qu'une femme que la maladie visite n'est pas une guerrière, mais un être sensible que la compassion peut blesser plus profondément que le mal qu'elle affronte. Dans ce numéro, des femmes nous confient une expérience où la féminité, loin de s'éteindre, survit aux allers-retours vers les centres de soins. Leur message est clair : accompagner une femme sur le chemin du traitement c'est continuer de solliciter son avis sur l'actualité littéraire, de partager avec elle les potins du voisinage ou les nouvelles de son salon de coiffure préféré, sans jamais nier l'épreuve traversée. Ainsi, au bout du chemin, l'impertinence même d'une chirurgie ablatrice ne retranche pas la féminité. Elle en révèle parfois une version plus affûtée. Car si le scalpel modifie la silhouette, il n'altère ni la personnalité ni l'identité du sujet. La réappropriation d'un corps en mutation n'est donc pas un retour en arrière. C'est une page nouvelle à écrire.

Mais cette page s'écrit en équipe, à condition que l'autre en saisisse les marges. Les Echos d'Elle donne ici la parole à un homme, partenaire, ami qui ose dire le désir inaltéré devant un corps qu'il croyait devoir ménager. La peur de blesser en voulant simplement aimer. Un témoignage sans détour, où deux pudeurs se heurtent dans le silence et la frustration mutuelle. Il raconte ce long et douloureux parcours pour aimer autrement.

Voilà ce qui reste, quand le rose s'efface.

Partager cet article