En ce mois d'Octobre Rose 2026, le ruban se prépare, les nœuds se nouent et la sensibilisation s'apprête à déferler sur le territoire national. Mais au-delà du symbole et des rassemblements, le coût réel de la maladie pèse lourdement sur les ménages. État des lieux d'un système de soins en pleine mutation.
Apprendre l'existence d'une masse au sein ou d'une lésion au col de l'utérus constitue une épreuve financière et émotionnelle. Selon GLOBOCAN et le ministère de la Santé du Gabon, les cancers du sein et du col de l'utérus représentent plus de 60 % des diagnostics féminins, le cancer du sein demeurant le plus fréquent (38 à 40 % des cas).
Le réseau hospitalier s'est restructuré. L'Institut de Cancérologie d'Akanda (ICA) centralise radiothérapie, chimiothérapie et chirurgie lourde. En parallèle, les Centres Hospitaliers Universitaires de Libreville (CHUL), d'Owendo (CHUO) et l'Hôpital d'Instruction des Armées d'Akanda (HIAA) assurent le diagnostic et la chirurgie, tandis que les structures de proximité et les Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) relaient le dépistage. La Maison d'Alice à Angondjé offre un hébergement temporaire aux patientes venant de l'intérieur du pays.
« Les campagnes d'Octobre Rose permettent de détecter davantage de lésions précancéreuses du col. Mais le grand défi reste le retard de consultation : 60 % à 65 % des patientes arrivent encore aux stades III et IV », précise un oncologue de l'ICA.
L'accompagnement de la CNAMGS et le reste à charge
Le classement en Affection de Longue Durée (ALD) garantit une prise en charge à 100 % par la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) pour les soins conventionnés. L'extension récente de la couverture aux travailleuses indépendantes via le Fonds 4 élargit l'accès aux soins pour le secteur informel. Le guichet Evasan du Komo encadre les évacuations sanitaires vers l'étranger, dont le coût moyen oscille entre 15 et 25 millions de FCFA par dossier.
Pourtant, le reste à charge direct pèse sur les budgets des ménages. Hors gratuité, une mammographie privée coûte de 35 000 à 50 000 FCFA. Lors de ruptures de stock dans le public, une cure de chimiothérapie achetée en pharmacie varie de 150 000 à plus de 600 000 FCFA.
« Avec les bilans biologiques non remboursés (40 000 à 90 000 FCFA) et l'imagerie, le reste à charge moyen dépasse fréquemment 300 000 à 500 000 FCFA sur l'ensemble d'un protocole », explique un responsable d'association.
À cela s'ajoute la fracture géographique. Selon le ministère de la Santé, plus de 80 % des équipements lourds restent concentrés à Libreville, contraignant les femmes des provinces à supporter des frais de transport et de séjour répétés.
En cet Octobre Rose 2026, le message demeure clair : se faire dépister tôt permet de préserver sa santé et son équilibre financier.